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 Elween - puisse un jour me retrouver.

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❈ MESSAGES :
67
❈ ARRIVEE :
15/12/2016
❈ AVATAR :
Adelaide Kane.
❈ CREDITS :
zuz' (avatar) & tumblr (gif)
❈ AGE :
vingt-six années se sont écoulés sur son doux visage, mais soixante ans ont filés depuis sa naissance.
❈ ALLEGEANCE :
Son coeur ira toujours à Archenland mais aujourd'hui, elle ne croit plus en personne, ni en sa famille, ni en sa patrie. Elle est seule avec elle même.
❈ LOCALISATION :
A la clairière des mirages, loin des yeux.
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fée
MessageSujet: Elween - puisse un jour me retrouver.   Ven 16 Déc - 12:30

Elween  Olwean
I'm untouchable darkness, a dirty black river to get you through this. In the mouth of madness, down in the darkness, no more tomorrow down in the hollow
❈❈❈
YOU

nom complet ❈ Olwean, la douceur, la nature, la force de la terre des prairies. Olwean, c'est aussi fort le vent qui souffle dans vos cheveux, aussi doux que la plume d'un oiseau se posant sur votre peau. L'histoire de tout un lpeuple dévasté par la guerre et la désolation. L'histoire deux soeurs, tombées dans l'oubli par la faute au temps. Elween, c'est l’intrépide, le calme bouillant. La face voilée qui préfère cacher ses émotions plutôt que d'exploser face à la fragilité de ce monde. Pourtant, avec le temps, elle brise sa carapace, elle ne tient plus sous le poids des responsabilités.  lieu de naissance  ❈ Dans une large contrée de verdure et de clairière, Archenland était connu pour offrir des terres à chaque créatures de Narnia et les fées n'ont jamais été déçue par le comportement des habitants du pays. C'est ainsi, que dans la jolie verdure de la prairie, dans une même fleur, Elween et sa soeur ont vu le jour.  âge  ❈ L'âge des fées ne se découlent pas réellement de la même manière que celle des hommes. Ainsi, soixante années se sont écoulées depuis la naissance d'Elween, mais depuis son arrivée dans le monde humain, elle est un peu perdue. Ainsi, elle a décidé de fixer son âge à vingt-six ans car elle a vite compris que dire son véritable âge est un peu perturbant pour ceux qui l'entoure. contrée actuelle ❈ Elle n'a plus réellement de contrées depuis l'arrivée de Jadis dans le monde de Narnia. Archenland était sa maison et son foyer mais elle n'a pas eu d'autres choix que de fuir face à la reine Juliette. Elle a longuement erré dans les différents pays mais finalement, elle sait installée au campement des narniens. allégeance ❈ Son coeur ira encore et toujours à Archenland, c'est sa maison, son lieu de naissance, là où elle possède les meilleurs souvenirs. Elle a vécue pendant cinq années au château du duc, malheureusement pour elle, ses origines de fée lui ont joué des tours et elle a failli mourir par la traitrise de la reine. fonction/métier ❈ Ancienne ambassadrice d'Archenland, elle ne possède plus ses ailes depuis qu'elle a du fuir d'Anvard. Depuis, elle se cherche un nouveau but et elle est plutôt douée en tant que soigneuse. Elle se lance aussi dans la création de différentes potions et fait parfois aussi la cuisine pour le repas des résistants. race❈ Elle est une fée, une volage, et elle est si fière de ses origines. . pouvoir (seulement esprit) ❈ Avant elle possédait le beau pouvoir de voler, de faire pousser les plantes et les arbres. Malheureusement pour elle, depuis le passage de l'étoile, puis le mutilement de ses ailes, elle n'a plus aucun chance de voler. groupe ❈ avanir.
MIND

La douceur à l'état sauvage, l'indomptable, Elween a toujours tenté de se plier aux règles, de se tenir à ce qu'on lui demandait sans chercher à comprendre, et au fil des années, elle a supposé que son erreur venait sûrement de là.  Suivre et se taire n'a jamais été la bonne solution et elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même si elle est ainsi aujourd'hui. Froide en apparence et plutôt sauvage aux premiers abords elle est pourtant une personne digne de confiance et qui cherche à aider les autres du mieux qu'elle peut, en se laissant trop souvent derrière. Elle sait manier l'art des mots depuis qu'elle est devenue ambassadrice et a toujours aimer voyager et découvrir les rituels et autres fonctionnements de ses nouvelles contrées. Depuis son arrivé au campement des narniens, elle se montre particulièrement solitaire, de peur qu'on apprenne sa véritable identité et ses liens étroits avec le Duc d'Archenland. Pourtant, on lui pose peu de questions. Elle fait une excellente soupe à base d'ortie et tout le monde apprécie ses soins.
-----❈-----

- citation citation citation -

PSEUDO/PRÉNOM ❈ ali alias mythical bird. PAYS ❈ la normandie OUI OUI c'est un pays TU AS DÉCOUVERT NNB SUR ❈ ma folie sûrement     TAUX DE PRÉSENCE  ❈ je pense tous les jours, j'essaye de RP le plus souvent possible     TON AVIS SUR NNB ❈ je suis très fière de ce qu'on a construit avec les copines   . QUI SUIS-JE ❈ () je suis la création d'une adorable personne (XX) je suis le fruit de mon imagination () je suis un prédéfini C'EST LE MOMENT DE SE LACHER ❈ c'est ici pour les bébés        

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fée
MessageSujet: Re: Elween - puisse un jour me retrouver.   Ven 16 Déc - 12:31

ARCHENLAND
pourvu qu'un jour tu me retiennes  
Elle chute. Elle tombe plusieurs fois, sa tête cogne contre le sol. Elle tente de se relever. C’est difficile. Elle prend appui sur ses bras mais elle n’en a pas la force. C’est insupportable. La douleur est si forte, si puissante, elle aimerait hurler. Elle grimace pour tenter de se relever et serre fort ses poings et ses dents. La pluie n’arrête pas de s’abattre sur elle, c’est l’hécatombe. Elle ne doit pas s’arrêter parce qu’après tout, elle doit se trouver un refuge et vite avant qu’on ne la retrouve. Elle se sait suivie, elle se rend compte que sa vie est réellement en danger. Alors, par l’adrénaline et la peur de mourir, elle reprend ses appuis, elle se relance et elle repart. Elle court, sans s’arrêter, elle trébuche mais elle ne tombe plus. La douleur émanant de ses omoplates la fait terriblement souffrir. Elle a l’impression qu’on lui arrache encore la peau qu’on lui retire de nouveau ses ailes. Elle retient ses larmes en repensant à ce moment. Elle n’a pas de mots, elle n’en peut plus. Décidant de reprendre doucement son souffle, elle s’arrête une seconde. La seconde de trop, quand elle se retourne, elle remarque l’homme qui l’a suit. Elle reconnait l’armure d’Archenland, l’insigne de sa maison. Elle ne peut pas rester ici, elle doit repartir. Où trouvera-t-elle sa place ? Qui l’acceptera enfin pour ce qu’elle est ? Arrêteront-ils une seule seconde de la suivre jusqu’au massacre ?

Elle reprend sa course folle, mais elle se retrouve nez à un nez avec un soldat étranger. Sans aucune marque de fidélité, elle se trouve coincer dans ses bras et il l’a regarde, interloquée. Quel spectacle étonnant, d’une femme-enfant avec ses trop grands yeux marrons, sa peau trop claire et ses cheveux trop foncés pour son doux visage. Il entend le bruit au loin des chevaux qui s’approchent d’eux. Il n’a pas le choix. Terrible décision. Elle s’accroche un peu plus à sa tunique. « Aidez-moi. » Elle ferme un instant les yeux et il sent tout son corps tomber. De justesse, il l’a rattrape. Il ne peut plus la laisser là, c’est impossible, impliquer dans sa chute, il doit la sauver et l’emmener loin de ses montres. Lorsqu’il l’a prend dans ses bras il remarque du sang sur ses propres mains. Il remarque alors le sang séché sur ses cheveux. Il court, inquiet. Qui est-elle réellement ?

***

« Elween ! » Elle ouvre les yeux en soupirant. Lorsqu’elle se retourne elle voit Anaïa qui court vers elle, et la fée ne peut pas s’empêcher de sourire. Sa sœur est toujours aussi joyeuse et heureuse et la voir courir dans l’haute herbe lui donne un air si enfantin et Elween, malgré son air maussade se sent immédiatement plus heureuse à ses cotés. Comme une moitié de son cœur qu’on lui aurait retiré, et lorsqu’elle la retrouve, toute son énergie est retrouvée. « Je te cherche depuis des heures ! Qu’est ce que tu faisais ? » Anaïa prend place juste à coté de sa sœur. Elle fronce ses sourcils, et évite le regard de sa sœur. Sa sœur sait déjà que quelque chose cloche, mais Elween ne sait pas vraiment si elle doit tout avouer par peur d’être jugée. Pas vraiment par sa sœur non, mais les autres fées. « Je suis allé à Anvard. »  Elle voit les yeux de la jolie fée s’agrandir et Elween le sait d’avance, elle va avoir le droit à avoir un vrai interrogatoire de la part de sa jumelle. Préférant prendre les devants avant qu’on puisse les entendre, Elween lui fait signe de se taire. Elle regarde les fées voler au dessus de leurs têtes et elles leur font un salut. Elween aime son peuple les fées sont certainement les créatures les plus douces et sociables des autres hybrides du monde. Pour autant, elle s’est toujours sentie à part de son peuple. Trop lunatique, si différente, Elween a toujours appréciée ses sœurs mais elle a eu besoin de plus, de découvrir autre chose. Alors, elle a décidé de découvrir le monde humain. En vérité, les fées ont leur place à Archenland et à Anvard, mais les fées sont discrètes et évitent de côtoyer les humains. Elween elle, a aimé ce monde vivant, coloré et si amusant. Elle n’est pourtant qu’une enfant, mais solitaire avec ses sœurs, elle a préféré fuir vers le monde humain. Elle remarque les yeux impatients de sa sœur, cela lui arrache un sourire. « Tu n’imagines pas le monde que j’ai trouvé. C’est un monde si différent de nos fleurs ou de nos constructions de bois ! Leurs maisons sont en pierres durs, le château est si grand et puissant ! » Elle se revoit voguer au dessus du marché d’Anvard et se remémore les différentes odeurs inconnus qui ont pu chatouiller ses narines. « Mais Elween, tu vas retourner là-bas ? Tu sais que la reine n’est pas friande des mélanges entre les fées et les humains. » Elle le sait bien sûr, elle se rend bien compte des risques encourus, mais à dire vrai, elle se fiche pas mal de cela. Elle veut découvrir encore et toujours plus des autres mondes. Elle n’attend plus que la prochaine fois où elle pourra retourner à Anvard.

***

Elle pose ses pieds sur le sol. Vérifiant une dernière fois qu’elle est bien seule, Elween laisse ses ailes à l’air libre et s’amuse à découvrir ce nouveau jardin qu’elle ne connait pas encore. A dire vrai, depuis ses premières visites à Anvard, Elween préfère cacher ses ailes. Elle craint effectivement qu’on ne la regarde bizarrement, alors elle préfère se poser à la porte de la capitale et marcher comme une véritable humaine parmi eux. Mais la nuit est sûrement son moment préférée. Elle peut voler au dessus de la ville et découvrir le château surtout. Elle n’a jamais compris la vie de noblesse, de royauté, ce sont des termes qui n’existent pas chez les fées. Pourtant ici c’est différent. Elle sent une puissance différente. L’énergie humaine n’est pas exactement la même que celle des fées. Et Elween sent la différence, elle remarque immédiatement le regard posé sur ses ailes. Elle se retourne rapidement avant de croiser son regard. Son cœur tambourine, plus vite encore et elle cherche à prendre la fuite.  Malheureusement pour elle, les passages étroits du jardin l’empêche de déployer complètement ses ailes alors elle court, elle tente de passer au travers de sa peur. « Non, arrêtes ! » Son cœur fait un bond mais elle se stoppe immédiatement, surprise de la voix qui l’appelle. Elle préfère se cacher derrière un bosquet pour l’observer avant de sortir de sa cachette. Il se laisse épier, sachant pertinemment qu’elle est là, qu’elle ne bouge plus. Elle remarque sa poitrine se balancer au fil de ses respirations saccadées et elle se mord la lèvre. Il porte une couronne sur sa tête et elle saisit immédiatement la situation. Elle se trouve sûrement devant le chef de la légion, l’Ainé de ses Frères, comme chez les fées. Mais lorsque ses yeux se posent sur son visage, Elween ne comprend plus bien le fonctionnement de ce royaume. Il est si jeune, sans bras musclés ni de cheveux gris. Elle fronce les sourcils et s’avance doucement. Elle laisse ses ailes retombées doucement sur ses épaules avant de croiser le regard du jeune homme. « Je ne te ferais aucun mal. Tu comprends ? » Elle le fixe, saisit ses paroles, sourit. « Je venais seulement découvrir ta maison. » Il la regarde, sans comprendre. Elle fixe un instant ses ailes. « Ce n’est pas chez moi ici. ».  « Bien sûr que si c’est chez toi. » Elle fronce les sourcils, il se trompe. Sa maison, c’est les fleurs où les fées ont élues domicile, c’est l’eau, où elles prennent leurs bains, c’est le bois dont elles prennent soin et qu’elles protègent. Ce ne sont pas ses murs de pierres, ses feuilles coupées, ses barrières dessinées. Elle n’a rien avoir avec tout ça. « Je suis une fée. » « Je sais. Mais tu es née à Archenland tout comme moi non ? Alors, Anvard, c’est aussi ta maison, si tu le désires. » Elle baisse les yeux. Depuis combien d’années elle regarde le monde humain avec envie ? Combien de temps s’est écoulés pendant lequel elle a observé les changements de la cité, les saisons périrent et les guerres passées ? Combien de fois elle s’est sentie révoltée face à l’indifférence de ses yeux. « C’est contre ma nature. » Elle recule d’un pas, il tend une main vers elle. Résonne-la. Sauve-la. « C’était aussi contre nature que je devienne roi. Et je le suis. » Elle ne comprend pas, mais son regard… Cette accroche ce point d’encrage. Elle pourrait rester, elle pourrait être séduite par l’idée. Elle pourrait rejoindre ses humains et découvrir le monde. Elle pourrait voyager. Et puis, elle comprend ce qu’elle est entrain de faire. Elle ne peut pas, elle ne doit pas. Elle doit fuir. Son regard lui implore de la sauver mais elle court, elle court plus vite et malgré les bosquets, elle prend son envol. Elle tente d’oublier ses yeux gris, tente d’oublier ses mots si doux et rassurants. Elle ne reviendra jamais en terre d’hommes, c’est une promesse qu’elle doit maintenant tenir.

***

« Madame. » le regard fixé sur l’herbe, Elween ressent que tout son corps se tend. Elle entend son cœur tambouriner dans sa poitrine, elle remarque les chuchotements autour d’elle. Ses sœurs sa traitrise. Elle croise le regard d’Anaïa, c’est la seule qui lui sourit. Mais Elween le sait, elle est aussi tendue qu’elle, et sa nervosité se ressent dans tous ses pores. « Tu as enfreint la loi, Elween. Tu t’es aventurée sur le territoire humain de nombreuses fois et je t’ai demandé de t’arrêter. Une nouvelle fois cette nuit, tu n’as pas écouté mes ordres, moi, ta reine. Si c’est ainsi que tu décides de vivre, sans loi, sans règles et sans Reine, alors prend ta décision. Pars de la Forêt. Pars de ta maison et découvre le monde. Cette décision t’appartenait jusqu’à cette nuit. Maintenant, c’est à moi de décider de ton jugement. Je veux que tu partes de chez les fées Elween. Trouve donc ta place chez les humains que tu chéris tant. Tu seras déçue de leur comportement, mais malheureusement pour toi, c’est trop tard. Nous ne voulons plus de toi dans notre village. » C’est douleur. Ca lui fait mal au plus profond de sa poitrine. Elle n’a jamais ressentie de pareilles émotions. Elle n’a jamais ressentie aucunes émotions d’ailleurs. Dans ses souvenirs, elle a toujours été la même, la mélancolique, la différente. Jamais de colère, ni de haine, de passion ou de peur. Rien. Du vide. Mais là, lorsqu’elle croise le regard d’Anaïa, elle comprend qu’elle l’a trahie, préférant l’aventure à la sûreté. Préférant la découverte à la maison. Elle aimerait arranger les choses. Elle lui accorde un dernier regard. Un dernier au revoir. De tout son cœur, du plus profond de son âme, elle lui redonne tout l’amour qu’elle ne lui a pas offert durant leurs années de vies communes. Et puis, dans un dernier au revoir, elle déploie ses ailes et part loin. Elle n’a plus de place dans ce monde. Plus aucune place.

Elle s’arrête tourne en rond. La montagne n’a plus la même saveur. Ce n’est plus sa maison, ce n’est plus rien. Elle ne voit plus aucunes fées, redevenues ombres sous la chaleur. Il n’y a plus personne, hormis elle-même. Elle s’arrête lorsque la nuit tombe. Elle fait un feu, elle se sent observée. Elle ne cède pas à l’appel de son ancien maison. Elle va se chercher un nouveau foyer. Quelqu’un sur qui compter. Le lendemain, c’est le bruit des sabots qui la réveille. Lorsqu’elle ouvre les yeux, elle remarque le galop des chevaux qui s’approche d’elle. Elle n’a pas perdue ses capacités de fée, elle reconnait l’aura de l’homme de tête. Lorsqu’il s’arrête à coté d’elle, elle remarque qu’il est seul. Elle pensait qu’ils étaient plusieurs mais ses sens l’ont trompés. Elle perd doucement ses pouvoirs de fée. Elle préfère dévier son regard. Elle a honte. « Hector. Je m’appelle Hector. » Elle relève les yeux vers le jeune homme face à elle.  « Elween. » Il lui sourit en lui tendant la main. Elle ne sait pas quoi faire, alors elle l’imite. « Tu viens avec moi ? » « Ou veux-tu m’emmener ? » Il remonte sur son cheval en l’interrogeant du regard. « Chez toi bien sûr. » Elle soupire, secouant nerveusement la tête. « Je n’ai plus de chez moi. Je suis une exilée. » « Je te l’ai dit. Tant que j’aurais ça sur la tête, tu auras toujours une maison. »

***

« Quelles sont les nouvelles Elween ? » Elle descend de son cheval et s’approche d’Hector. « Miraz est tombé. Caspian a enfin réussi à reconquérir son trône ! »  Il lâche un soupir de soulagement pendant qu’elle descend de son étrier. Il l’aide à défaire son épée et l’arc qu’elle a accroché dans son dos. « Je suis heureux que tu puisses enfin revenir à Anvard. » Cinq années. Cinq années que la guerre avait éclatée entre telmar et narnia. Cinq années où Elween avait pris une forme humaine suite au passage de la Comète. Cinq années qu’Hector l’avait récupéré au bord du chemin pour l’aider à reprendre sa route, en sa compagnie.  Une voile d’ombre passe sur le visage de la fée. Il sait combien cela lui coute d’être si loin de son peuple.  « Tu pourrais les retrouver. » Elle croise son regard, elle tremble un peu. Il sait qu’elle n’a pas froid. Il n’a pas les mots pour l’aider, il lui attrape la main.  « Elween tout ce que tu as fait pour Archenland, pour moi. Tu as, tu es libre. Tu peux rechercher ta sœur. » C’est une attaque en plein cœur pour l’un, un déchirement des sentiments pour l’autre. Accepter de la laisser voler de ses propres ailes, ne plus la revoir, ne plus observer ses ailes se déployer. Quel spectacle enivrant, quel monde si différent. Il le sait, quelques années plutôt, et il l’aurait choisi, elle. C’est elle qui se trouverait à la place de Juliette. Il aurait fait le double pari d’unifier deux peuples et d’aimer celle qui gouvernerait à ses cotés. Malheureusement, le temps en avait décidé différemment. « Hector. » Elle serra sa main, plus fort. Au fil du temps, elle avait découvert ses émotions, ses forces, ses faiblesses. Pourtant, elle ne savait toujours pas quoi mettre comme mot, expression, pour définir le duc. Il restait inaccessible en tout point de vue. « C’est ma maison ici. Grâce à toi, j’ai découvert le monde que je rêvais, j’ai voyagé. Je suis devenue ambassadrice avant d’être fée. Mais… mais tu es toujours là et tellement loin de ce que je voudrais. » Il sait. Elle le sait. En vérité, ils ont toujours su mais sans jamais rien avouer de peur de choquer. Pour son trône, pour sa condition. Pour ses ailes, pour sa valeur aux yeux des humains. Il passe une main sur sa joue, pose son front contre le sien.  « Si je pouvais, je changerais ça. » Elle ressent une chaleur unique, indescriptible. Elle sourit et pose sa main sur la sienne. « Je sais. Mais tu ne peux pas. » Les lois du monde, les lois des autres. Elle enlève la main de sa joue, brûlée par ce contact.  « Je pourrais tout changer pour toi. » « Je ne veux pas que tu changes tout pour moi. » Elle le sait, l’équilibre se base sur lui et Juliette. Pas eux. Pas ensemble du moins. Il dépose un baiser au creux de sa joue, jusqu’à coté de ses lèvres, elle reste pétrifiée.  « Est-ce que tu resteras auprès de moi ? » Il l’encercle de ses bras et elle ne peut s’empêcher d’humer son odeur, sa force, sa puissante. C’est une question, sans réponse, car Elween l’a toujours su, sa place est là, au creux de ses bras.

***

« CUNTA EST TOMBEE, JADIS A REPRIS NARNIA » Elle court dans les couloirs du château. Il faut qu’elle le retrouve. Elle tombe nez à nez avec Cyndia, sa dame de compagnie qui l’emmène dans un couloir, à l’écart de la foule. « Elween, écoutez moi bien. Il faut que vous preniez la fuite ! La sorcière blanche au pouvoir, vous allez être traquée, vous autres, esprits et hybrides, et certaines personnes dans ce château, vous savez très bien de qui je veux parler, vont vous envoyez directement dans sa gueule ! Il faut partir, madame et vite ! » Le cœur battant, elle attrape les mains de sa servante et tente de parler doucement, calmement. « Je ne peux pas partir ainsi. Je dois le voir avant. Mais toi, fuis. Si j’arrive à partir, ils te tomberont dessus. Plus personne n’est protégée, même ici. Pars, pars loin, trouve un endroit où tu pourras te cacher. Allez Cyndia, c’est un ordre ! » Elle acquiesce et part en courant. Doucement, Elween s’appuie contre le mur qui lui permet de tenir debout. Elle ne le sait que trop bien, plus elle reste dans le château, plus elle risque sa vie. Mais elle ne peut pas partir, sans être sûre qu’il aille bien. Elle veut juste sentir sa peau, une dernière fois près d’elle. Alors, elle marche calmement parmi la foule en folie. Elle garde la tête haute et se concentre vers le lieu qu’elle veut rejoindre. Elle se fait bousculer mais tient bon. Ses mains sont bien trop froides, et elle tremble un peu. Mais elle ne doit pas s’arrêter.

Des soldats se positionnent autour d’elle. La respiration haletante, elle tente de faire face. Elle est seule, horriblement seule. Au détour du couloir qui lui fait face, Juliette apparait. Elween comprend alors que c’est fini pour elle. La duchesse a toujours détestée la fée et, plus la complicité se renforçait entre elle et le duc, plus la reine la haïssait de tous ses pores. Le fait qu’Elween n’a jamais répondu à ses attaques l’a rendu encore plus folle. Enfin elle tenait sa vengeance.  « Madame. » Elle se casse le dos pour la duchesse qui aime la voir ainsi, tomber à ses pieds. « Emmenez là dans les cachots. Et retirez-lui ses ailes. » La panique prend le dessus. Elween ne peut contrôler le fléau de sentiments qui l’animent et elle tente de se défaire des bras musclés qui l’agrippent. Elle tente de crier, de se faire entendre, mais personne ne s’occupe d’elle. Elle remarque le regard de satisfaction et le sourire de Juliette. La guerre est maintenant terminée. Elle a gagné.

On l’a traine jusqu’au sous-sol, on la jette dans un cachot. En seulement quelques secondes, elle se retrouve nue devant ses hommes qui n’ont que faire de la victime. Ses ailes, elles-mêmes prisent de panique, tente de s’envoler et de fuir. On lui casse les fines membranes de sa vie de fée. Au fur et à mesure qu’elle ressent la perte de ses ailes, sa peau se met à saigner. Elle sent une gifle sur sa joue et sa tête tombe lourdement sur terre. Et puis ce ne sont plus que des mains, mais des poignards qui s’attaquent à sa chair. La peau de son dos, mutilée pour retirer ses ailes, la peau de son dos, défigurée. Elle voudrait hurler, mais elle n’en a plus la force. Des larmes coulent sur ses joues et elle serre un peu plus fort le caillou qu’elle possède entre ses mains. Elle se souvient alors des paroles de la Reine. Elle aurait du l’écouter. Le visage d’Anaïa s’impose dans son esprit. Où est-elle ? Est-ce qu’elle a réussie à se sortir de cette guerre. Elle espère que jamais, elle ne perdra ses ailes. Quand enfin la douleur s’arrête, elle sent toujours le sang couler sur son dos. Elle le voit s’écouler sur la terre et elle suppose qu’elle va mourir ainsi, comme beaucoup d’autres. Et puis il y a ses pas rapides qui s’approchent d’elle. Elle reconnait le visage. Hector. « Elween, je suis désolée. Il faut que tu partes, Elween ! Bon sang, tes ailes… » Il embrasse le front de la fée en la portant dans ses bras. L’entourant d’une grande cape, il l’emporte discrètement jusqu’à la sortie du château. Dans l’engouement et la peur, personne ne s’occupe du roi. Il pose la fée sur le premier cheval qu’il trouve. « Elween, revient un jour à Archenland, je t’en prie. Reviens-moi. » Il lance l’animal au galop et elle, elle garde ses paroles gravées dans son cœur, dans sa chair, dans son sang. Elle laisse l’animal la guider, jour et nuit, même si au loin, elle les entend. Ils arrivent.

***

Une grande respiration. Elween ouvre difficilement les yeux, mais tout son corps tremble. Elle tente de se calmer, de s’arrêter. Elle regarde autour d’elle, espérant un mauvais rêve. Il n’en est rien. Elle ne possède plus ses ailes. Elles ont été détruites. Elle n’arrête pas les larmes sur sa joue, ayant l’horrible impression que plus jamais rien n’ira. Puis, la fée découvre son nouvel environnement. Elle se trouve dans une tente qu’elle ne connait pas. D’ailleurs, rien ne lui est familier. Elle a quitté Anvard. Elle se relève péniblement et manque plusieurs fois de tomber à la renverse. Mais lorsqu’elle se tient au pan de la tente, elle découvre un campement. Ses yeux fatigués mettent un peu de temps à s’habituer à la lumière, mais elle comprend qu’elle est chez les narniens. Elle a réussi à rejoindre un endroit où elle serait en sécurité. « Tu es réveillée. » Elle sursaute et se retourne vers l’intérieur de la tente. « J’ai cru que tu allais mourir. » Elle se doute bien. Elle aussi l’a pensé. « moi aussi. » Il l’aide à revenir près de son lit et lui propose une soupe. Elle ne peut pas refuser un bon repas.   « Qui es-tu ? ». « Elween. Je suis une ancienne fée d’Archenland. » «« Ancienne ? » Elle ferme les yeux. C’est si douloureux.  « Mes ailes m’ont été retirées. »  Il hoche la tête.  « Je me suis douté. J’ai essayé de recoudre, mais tes cicatrices sont horribles. » Elle le remercie de l’avoir sauvé tout de même. « Je suis à Narnia ? »« Pas vraiment. Ce qui reste des narniens et telmarins plutôt. Tu es au campement de Caspian. » Elle relève les yeux vers lui. Ainsi elle a atteint sa destination. Une nouvelle famille.

Mais maintenant, elle veut retourner à Archenland. Le désir est grand, la vengeance encore plus.  

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